Une ligne « cellules épithéliales » sur un résultat d’ECBU peut sembler inquiétante, surtout lorsqu’elles sont notées nombreuses. Pourtant, leur présence dans les urines est souvent physiologique : ces cellules se détachent naturellement des muqueuses urinaires ou génitales. L’interprétation dépend du type de cellules, de leur quantité, des symptômes et des autres résultats du prélèvement. Voici ce qu’il faut comprendre avant de tirer des conclusions hâtives.
Points clés
- La présence de cellules épithéliales dans un ECBU est souvent physiologique et résulte de la desquamation normale des muqueuses urinaires ou génitales.
- L’analyse précise du type de cellules épithéliales, notamment squameuses, urothéliales ou tubulaires rénales, est essentielle pour interpréter leur signification clinique.
- Un prélèvement contaminé par des cellules épithéliales squameuses peut fausser les résultats et nécessite parfois un second ECBU après toilette locale.
- Une augmentation notable des cellules épithéliales dans les urines peut signaler une infection, une irritation, un traumatisme urologique ou une atteinte rénale aiguë, et doit être évaluée selon le contexte clinique.
- Le diagnostic d’une infection urinaire ou d’une pathologie rénale ne repose pas uniquement sur la présence de cellules épithéliales mais sur l’ensemble des signes cliniques et biologiques associés.
- Une consultation médicale est recommandée en cas de symptômes urinaires marqués, d’anomalies persistantes à l’ECBU ou d’arguments radiologiques ou biologiques suggérant une pathologie plus grave.
Qu’est-ce qu’une cellule épithéliale ?

Une cellule épithéliale appartient à l’épithélium, un tissu formé de cellules très serrées les unes contre les autres. Il recouvre la peau, tapisse les cavités et les organes, et constitue une frontière active entre l’organisme et son environnement. Cette barrière limite l’entrée de microbes, d’allergènes ou de substances irritantes, tout en laissant passer ce qui est nécessaire.
Selon sa localisation, l’épithélium assure des fonctions très différentes : protection de la peau, absorption des nutriments dans l’intestin, filtration et réabsorption dans les reins, ou encore sécrétion de mucus dans les bronches. Les cellules sont reliées par des jonctions qui rendent les tissus relativement étanches. Elles se renouvellent aussi en permanence : les cellules âgées sont éliminées et remplacées.
Dans les voies urinaires, quelques cellules peuvent donc se retrouver dans l’urine au fil de cette desquamation normale. Leur simple détection n’est pas un diagnostic. Le laboratoire les observe au microscope dans le cadre d’un examen cytobactériologique des urines (ECBU) et les met en regard des leucocytes, bactéries, globules rouges et autres éléments du sédiment urinaire.
Les principaux types et leur localisation dans l’organisme

Les épithéliums sont classés selon la forme des cellules et le nombre de couches. Les cellules pavimenteuses ou squameuses, plates et fines, sont présentes notamment à la surface de la peau et dans certaines muqueuses, comme le vagin ou la partie terminale de l’urètre. Dans un prélèvement d’urine, elles proviennent fréquemment de la région génitale externe.
Les cellules dites transitionnelles, aussi appelées urothéliales, tapissent les voies urinaires : bassinet rénal, uretères, vessie et début de l’urètre. Elles ont la particularité de pouvoir s’étirer quand la vessie se remplit. Une faible quantité peut être observée dans les urines : leur analyse devient plus pertinente si elles sont abondantes, atypiques ou associées à du sang dans les urines.
Enfin, les cellules tubulaires rénales viennent des petits conduits du rein. Elles participent à la réabsorption de l’eau, des sels minéraux et de nombreuses substances. Leur présence notable est moins banale et peut accompagner une atteinte des tubules rénaux. Elle doit être interprétée avec la créatinine, la protéinurie, le contexte médical et, si besoin, un avis spécialisé.
Cellules épithéliales dans les urines : que révèle un ecbu ?
L’ECBU recherche une infection urinaire et analyse les éléments présents dans l’urine. Des cellules épithéliales dans les urines sont fréquentes et, isolées en petite quantité, ne signalent généralement rien de grave. Les termes « rares », « peu nombreuses » ou « quelques » varient selon les méthodes et les seuils du laboratoire : ils ne doivent pas être comparés mécaniquement d’un compte rendu à l’autre.
Le type cellulaire est particulièrement utile. De nombreuses cellules squameuses font souvent évoquer une contamination du prélèvement, par contact avec la peau ou les sécrétions génitales. Ce résultat peut rendre la culture bactérienne moins fiable. Un nouveau recueil est alors parfois demandé, après toilette locale simple, sur le milieu de jet, dans un flacon stérile.
L’ECBU ne se lit jamais seul. Des brûlures urinaires, des envies fréquentes, de la fièvre, des leucocytes élevés et une bactérie identifiée orientent davantage vers une infection. À l’inverse, la présence de cellules sans symptôme ni anomalie associée ne justifie pas automatiquement un traitement antibiotique. Le médecin tient aussi compte de la grossesse, de l’âge, des antécédents rénaux et des médicaments pris.
Cellules épithéliales nombreuses : causes possibles et signification
Des cellules épithéliales nombreuses peuvent d’abord refléter un prélèvement imparfait. C’est particulièrement courant chez les femmes, car les cellules de la vulve ou du vagin peuvent se mêler à l’urine. Menstruations, pertes vaginales, difficulté à recueillir le milieu de jet ou délai trop long avant l’analyse peuvent aussi fausser l’interprétation.
Une irritation ou une infection des voies urinaires peut accroître la desquamation de l’urothélium. Calcul urinaire, inflammation de la vessie, sonde urinaire ou geste urologique font également partie des causes possibles. Si le compte rendu mentionne surtout des cellules urothéliales ou des cellules tubulaires rénales, le praticien cherchera une explication plus ciblée, notamment en cas de douleur lombaire, d’hématurie ou d’altération de la fonction rénale.
Certaines atteintes rénales aiguës peuvent s’accompagner de cellules tubulaires dans l’urine : manque d’irrigation du rein, infection sévère ou exposition à des médicaments néphrotoxiques, par exemple. Cela ne se déduit toutefois pas d’un chiffre isolé. Les seuils, la technique de microscope et la qualité de l’échantillon diffèrent selon les laboratoires. Un second ECBU correctement réalisé est souvent l’étape la plus simple et la plus informative.
Résultat anormal, infection ou cancer : quand consulter ?
Il convient de consulter rapidement en cas de fièvre, frissons, douleur dans le dos ou le flanc, vomissements, grossesse, ou symptômes urinaires marqués. Une urgence médicale est nécessaire en cas d’impossibilité d’uriner, de malaise important ou de sang visible et abondant dans les urines. Chez une personne fragile, une infection urinaire peut évoluer plus vite et nécessite une évaluation sans attendre.
Un résultat anormal persistant mérite également un rendez-vous médical, même en l’absence de douleur : cellules urothéliales atypiques, hématurie répétée, protéinurie, baisse de la fonction rénale ou ECBU fréquemment contaminés. Le médecin peut demander un nouvel ECBU, une cytologie urinaire, une prise de sang, une échographie ou orienter vers un urologue ou un néphrologue.
Une hausse de cellules épithéliales ne signifie pas, à elle seule, un cancer. Les tumeurs développées à partir d’un épithélium sont appelées carcinomes, mais le diagnostic repose sur des examens complémentaires, jamais sur le seul sédiment urinaire. En présence d’arguments évocateurs, l’imagerie, la cystoscopie ou une biopsie permettent d’identifier la cause. Le tabac, certaines expositions professionnelles et des antécédents spécifiques peuvent guider l’évaluation, sans remplacer une analyse clinique rigoureuse.
Questions fréquemment posées sur les cellules épithéliales
Qu’est-ce qu’une cellule épithéliale et quel est son rôle dans l’organisme ?
Une cellule épithéliale fait partie de l’épithélium, tissu qui recouvre la peau et les organes. Elle assure protection, absorption, sécrétion, et forme une barrière entre l’organisme et son environnement.
Que signifie la présence de cellules épithéliales dans un ecbu ?
La présence de quelques cellules épithéliales dans l’urine est normale et le plus souvent physiologique. Leur détection lors d’un ECBU peut provenir d’un renouvellement cellulaire naturel ou d’une contamination externe.
Pourquoi un nombre élevé de cellules épithéliales dans les urines peut-il inquiéter ?
Un grand nombre de cellules épithéliales, surtout urothéliales ou tubulaires, peut indiquer une irritation, une infection urinaire, une atteinte rénale ou une tumeur épithéliale. Une évaluation médicale approfondie est nécessaire.
Comment différencier les types de cellules épithéliales dans l’urine et leur origine ?
Les cellules squameuses proviennent souvent de la peau ou des muqueuses génitales externes, les cellules transitionnelles tapissent les voies urinaires, et les cellules tubulaires rénales viennent des tubules rénaux, signalant parfois des pathologies rénales.
Un nombre élevé de cellules épithéliales peut-il indiquer un cancer ?
Oui, un nombre accru peut révéler une tumeur épithéliale appelée carcinome. Cependant, le diagnostic repose sur des examens complémentaires tels que biopsie ou imagerie, et non sur la seule analyse urinaire.
Quand faut-il consulter un médecin après un résultat d’ecbu montrant des cellules épithéliales ?
Il est important de consulter rapidement en cas de fièvre, douleurs lombaires, hématurie visible ou symptômes urinaires marqués. Un suivi est aussi conseillé en cas de résultats anormaux persistants pour un diagnostic précis.

